La jument squelettique saisie à Remicourt n’a pas survécu à son calvaire

9 février 2015

 

Vous avez été des milliers à vous émouvoir du sort de Scarlett et à partager sur les réseaux sociaux le calvaire de cette vieille jument saisie par le Parquet de Liège et accueillie chez Animaux en Péril ce mercredi 4 février 2015. Hélas, c’est avec une profonde tristesse et un grand sentiment d’injustice que nous devons, aujourd’hui, vous informer du décès de ce cheval martyr.

 

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État de cachexie avancé

 

Dès sa prise en charge, cette vieille jument, qui n’avait plus été alimentée correctement depuis probablement plusieurs semaines, avait intégré l’écurie de quarantaine de l’association et bénéficié d’un grand box spécialement conçu pour les soins (murs et sol capitonnés, treuil et sangles de relevage, caméra de surveillance,etc). Notre vétérinaire spécialisé dans les équidés avait immédiatement déterminé un protocole de soins intensifs tout en mettant l’animal martyr sous perfusion. En outre, une réalimentation progressive très stricte était également au programme.

Bien que l’état de cachexie extrême (fonte complète des muscles et graisses) combiné à son âge hypothéquait le pronostic vital, l’équipe des soigneurs d’Animaux en Péril osait y croire.

 

Plus de 48 heures d’efforts non récompensés

 

Malgré tous les bons soins et la sollicitude dont bénéficiait Scarlett dès son arrivée à Meslin l’Evêque, nous ne pouvions que constater d’heures en heures son affaiblissement. À tel point que la jument devait être relevée régulièrement à l’aide du treuil.

Sans entrer dans les détails, il faut savoir qu’un équidé ne peut rester couché en permanence. La station debout est obligatoire pour assurer, notamment, le transit intestinal et la miction. Malgré cet équipement adapté, Scarlett se laissait de plus en plus aller, semblant nous supplier de l’aider à s’endormir définitivement…

Alors convaincu que s’obstiner relèverait d’un acharnement éthiquement inacceptable, notre vétérinaire a pris la décision d’abréger les souffrances de l’animal dans la nuit de vendredi à samedi dernier.

 

Injustice et maigre compensation

 

Au-delà de la tristesse liée à l’échec de ce sauvetage, nous sommes également animés d’un grand sentiment d’injustice.

En effet, cette pénible histoire illustre, une fois encore, l’importance de l’application de l’article 40 de la loi du 14 août 1986 qui donne la possibilité à un juge d’interdire à une personne de détenir des animaux dans le cadre d’une condamnation devant le tribunal correctionnel. Cette mesure permet aux autorités administratives de saisir les animaux détenus par des récidivistes sans attendre que ceux-ci soient à nouveau maltraités. Malheureusement, l’article 40 est très souvent ignoré par les juges.

Pour rappel, le propriétaire de Scarlett est un multirécidiviste en matière de mauvais traitements sur animaux.

La seule note positive que nous essaierons de retenir c’est que Scarlett n’a pas agonisé seule sur son terrain boueux et sous un vent glacial, mais s’est éteinte dans un box confortable entourée de beaucoup de sollicitude.