Le Conseil wallon du Bien-être Animal est sur les rails

21 septembre 2015

 

Mis en place au début de l’été, le tout nouveau Conseil wallon du Bien-être Animal vient d’enclencher sa vitesse de croisière à l’occasion de la rentrée.

Après avoir entendu et lu beaucoup d’informations, souvent incorrectes, sur cette institution, nous en profitons pour revenir sur le sujet.

 

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Un comité consultatif qui permet d’avancer lentement mais sûrement

 

Le 1er juillet dernier, soit un an jour pour jour après la régionalisation du bien-être animal, le Ministre Carlo di Antonio a tenu sa promesse en dévoilant officiellement la nouvelle composition du Conseil du bien-être animal. Autrefois dépendant du Ministère de la santé publique (fédéral), ce Conseil remet, sur base de consensus, des avis relatifs aux thématiques existantes en matière de bien-être animal. Des groupes de travail, composés de membres du Conseil compétents, sont constitués autour des sujets déterminés par le Ministre de tutelle; ils peuvent éventuellement être complétés par des experts extérieurs.

 

Cet outil politique consultatif, que nos collègues européens envient à la Belgique, a permis de nombreuses avancées légales significatives en faveur des animaux. Durant les 10 années précédentes, au cours desquelles notre association a siégé au Conseil, les progrès comportent par exemple la stérilisation obligatoire des chats, l’obligation pour les chevaux de bénéficier d’une zone abritée en prairie, ainsi qu’une toute première réglementation sur les poneys de kermesse.

 

Une ligne de front à ne pas négliger

 

Le terme « Conseil du bien-être » peut induire en erreur, puisque nombre de ses membres sont loin d’être des S.P.A: les fédérations agricoles, les marchands d’animaux ou encore les éleveurs y sont représentés en permanence face aux associations de protection animale minoritaires.

 

Le Conseil n’est pas un outil militant: il ne permet pas des révolutions, mais une évolution. Les différents acteurs admettent les règles du jeu, à savoir remettre un avis qui fera consensus mais apportera aussi un pas en avant. Beaucoup d’énergie et de travail sont nécessaires pour un résultat souvent fort éloigné de l’idéal, mais les progrès acquis sont solides. Le Conseil du bien-être est un outil sérieux, à prendre en compte, et où chacun joue le jeu - en ce compris nos adversaires qui tentent pas ce biais de prouver leur bonne volonté face aux mutations d’une société de plus en plus sensible à la question animale.

 

Le Conseil représente également un outil de paix sociale: tout ce qui s’obtient dans le cadre d’un débat consensuel ne fera pas l’objet d’une confrontation ouverte sur le terrain. Le pragmatisme et le sens du compromis des factions en présence sont des atouts, et si les débats sont parfois houleux, ils se déroulent dans le sens du respect des individus. Pour le Ministre de tutelle, l’avantage est énorme, car les recommandations du Conseil lui permettent de proposer des législations documentées par des experts qui leur donnent poids et crédibilité. En termes de nivellement des conflits, les bénéfices sont donc irremplaçables, et rien ne nous empêche par ailleurs de développer des positions plus radicales sur le côté.

 

Factions en présence

 

Si la moitié des acteurs était néerlandophone au niveau fédéral, le nouveau Conseil wallon du bien-être animal est exclusivement francophone (Gaia excepté). Il se compose de deux fédérations d’agriculteurs, la FWA (Fédération Wallonne de l’Agriculture) et la FUGEA (Fédération Unie de Groupements d’éleveurs et d’agriculteurs); de deux représentants des éleveurs et commerçants d’animaux de compagnie: (Tom & Co et la Société royale St Hubert); de l’Ordre des vétérinaire et du syndicat vétérinaire (UPV); d’un représentant de la société civile (Nature et Progrès); de l’union des villes et des communes; et enfin de quatre experts scientifiques, dont Claire Diederich de l’Université de Namur (qui assurera la présidence du Conseil) et Marc Vandenhede de l’ULG (vice-président).

 

Côté protection animale, les candidatures d’Animaux en Péril et Gaia, qui siègent depuis 10 ans, ont retenu l’attention du Ministre. Ces vétérans seront associés à deux nouveaux venus, la SRPA de Liège et le refuge Sans Collier. Les nominations sont valables pour 5 ans et excèderont donc la législature du Ministre Carlo di Antonio, que nous tenons à remercier pour avoir pris en compte le travail déjà effectué par notre association aux côtés de Gaia dans le cadre du Conseil fédéral.

 

Soulignons le fait que la Région Wallonne est la première à avoir mis en place un Conseil du bien-être, même si la constitution de l’organe équivalent est actuellement en cours en Flandre. La région bruxelloise brille quant à elle par son absence de réaction, le bien-être des animaux n’étant apparemment pas une préoccupation dominante pour la Ministre Bianca Debaets.

 

 

Conseil Wallon du Bien-être animal
Conseil Wallon du Bien-être animal
Conseil Wallon du Bien-être animal