Bienvenue à Apache

18 novembre 2015

 

Une fois n’est pas coutume, le nouveau venu au sein des écuries d’Animaux en Péril n’a pas été saisi avec l’aide des autorités pour faits de maltraitance: Apache, vieux poney de 25 ans, est en effet un retraité du manège Musette situé à Hoeilaart.

 

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Un compromis au service des animaux pensionnés

 

Ce centre équestre a vu naître une initiative que tout ami des animaux saluera: même si le manège ne finance pas lui-même la retraite de ses équidés, un groupe de cavalières a pris en main le replacement de certains animaux en fin de carrière et se mobilise pour leur trouver une solution de retraite. Musette leur confie gratuitement les animaux concernés, plutôt que de succomber comme tant d’autres centres à la tentation de gratter quelques euros supplémentaires en revendant ses vieux travailleurs à des maquignons.

 

Les cavalières mobilisées acceptent la charge et la responsabilité de l’animal jusqu’à son replacement, le tout dans une relation de confiance avec la direction du manège. Mais Apache, mis à la retraite il y a un an, a représenté un défi pour ces bonnes volontés: aucun foyer n’a pu l’accueillir, et l’avenir du poney posait toujours problème après un an de pension, financé grâce à une cagnotte organisée par ses bienfaitrices. Celles-ci se sont alors tournées vers Animaux en Péril.

 

Équidés retraités de manège: des happy end qui devront faire école

 

Notre vocation est d’accorder prioritairement les rares places disponibles du refuge aux animaux saisis par les autorités, ce qui représente déjà un vaste défi. Mais l’insistance des protectrices d’Apache a porté ses fruits puisqu’il nous arrive aussi, exceptionnellement, d’accepter des retraités d’une longue vie de travail. Leur cas permet à l’association de mettre en évidence la problématique des centres équestres, où des animaux qui ont servi des années durant sont éliminés sans merci dès que leur rentabilité ne compense plus les frais qu’ils génèrent. La procédure mise en place au manège Musette représente donc un grand pas dans la bonne direction.

 

Les chevaux de manège suscitent de nombreuses vocations, rapportent de l’argent, font la joie de leurs cavaliers. Pourtant, la fin de leur parcours professionnel les mène trop souvent à l’abattoir. Si le sentiment général est que les manèges devraient fournir eux-mêmes une solution respectueuse du bien-être de leurs retraités (dont le travail les a enrichis des années durant), force est de constater que dans l’écrasante majorité des cas cette prise de responsabilité est tristement absente. Quel contraste, dès lors, avec les cavalières de Musette, qui engagent leurs propres deniers dans cette cause, et témoignent ainsi d’une véritable philosophie de protection animale…

 

Quelle récompense pour une vie de bons et loyaux services?

 

Le traitement expéditif des chevaux et poneys est de plus en plus mal perçu au sein des manèges par les cavaliers avec lesquels ils ont formé des liens. Mais la solution ne viendra que sous forme d’une initiative privée des propriétaires de centres équestres, qui devront anticiper et mettre au point un système d’épargne-pension pour leurs chevaux, quitte à rogner sur leurs bénéfices et à majorer les tarifs réclamés aux personnes fréquentant leurs installations. Leur image aura certainement tout à y gagner, car la demande du public va très nettement dans le sens d’un traitement plus humain envers ceux qui ont passé leur vie à servir.

 

 

 

Apache, nouveau retraité
Apache, nouveau retraité
Apache, nouveau retraité