Procès des militants anticorrida tabassés à Rodilhan : les aficionados condamnés !

14 avril 2016

 

Ce jeudi 14 avril 2016, le juge du tribunal de grande instance de Nîmes a prononcé son jugement à l’encontre des 18 aficionados poursuivis pour avoir frappé et violenté des militants pacifiques dans les arènes de Rodilhan 8 octobre 2011.

 

img-news-gauche

Peines de prison, amendes et indemnités.

 

Après quatre ans et demi d’attente, et de longues audiences tenues les 14 et 15 janvier dernier, le calvaire enduré par les activistes trouve enfin un épilogue judiciaire.

Parmi les 18 prévenus renvoyés devant le tribunal correctionnel, un seul échappe à sa condamnation. Le maire de Rodilhan, qui pensait être relaxé, est lui aussi condamné.

 

Les prévenus sont également condamnés à verser des indemnités aux parties civiles légalement constituées, dont 5 Belges de l’association Animaux en Péril.

 

 

Les demandes de constitution de partie civile contre les manifestants émanant de l’ONCT (Observatoire national des cultures taurines - André Viard) et la mairie de Rodilhan ont été déboutées.

 

Détail des peines :

 

  • Roger Savarin : 12 mois de prison dont 6 avec sursis et 1000 € d’amende
  • Didier Dubois : 10 mois de prison dont 8 avec sursis et 1000 € d’amende
  • Gérard Allonge : 10 mois de prison avec sursis et 800 € d’amende
  • Griotto-Chauvin : 10 mois de prison avec sursis et 1500 euros d’amende
  • Jacques Lafranchi : 8 mois de prison avec sursis et 1000 € d’amende
  • Gérard Fage : 7 mois de prison avec sursis et 800 € d’amende
  • Régis Pelissier : 4 mois de prison avec sursis et 800 € d’amende
  • Joel Gigneys : 8 mois de prison avec sursis et 1000 € d’amende
  • Patrick Laugier : 2 mois de prison avec sursis et 800 € d’amende
  • Marc Jamet : 2 mois de prison avec sursis et 800 € d’amende
  • Christophe Arnaud : 1 mois de prison avec sursis et 600 € d’amende
  • Lepsa : 3 mois de prison avec sursis et 600 euros d’amende
  • Christophe Cariat : 800 € d’amende
  • Selaniko : 700 € d’amende
  • Corentin Carpentier : 600 € d’amende
  • Christophe Lautier : 600 € d’amende
  • Cartoux : 500 € d’amende
  • Patrick Laugier : relaxé
  • Serge Reder (Maire de Rodilhan) : 1500 € d’amende

 

Les indemnités que devront verser les coupables à leurs victimes vont de 125 à 500 euros.

 

Les associations satisfaites

 

Les associations CRAC et Animaux en Péril, qui avaient revendiqué l’action et pris en charge les frais de justice des militants se disent satisfaites du jugement.

Les condamnations ne sont pas proportionnelles aux traumatismes subis par les activistes pacifiques, mais elles correspondent presque en tout points à la demande du Procureur de la République, Alexandre Rossi, dont le réquisitoire avait beaucoup impressionné. Ce dernier avait relevé avec véhémence la violence inqualifiable commise par les prévenus.

Pour le maire de Rodilhan, le juge a été au-delà de la demande du ministère public en augmentant l’amende de 50%.

 

Ce jugement a le grand mérite d’envoyer un signal clair aux aficionados et aux élus locaux des villes taurines.

 

Rappel des faits

 

Le 8 octobre 2011, le CRAC (France), Animaux en Péril (Belgique) et Droits des Animaux (France) organisent une action historique dans les arènes de Rodilhan (banlieue de Nîmes). Ils sont rejoints par des militants de la Fondation Brigitte Bardot, Farm Sanctuary (Belgique), Respectons, CLAM, BAC Marseille, Combactive et Minotaure films.

 

Le but est d’empêcher la torture de six taureaux lors du championnat annuel des toreros débutants, fraîchement sortis de leur école taurine. La stratégie, très étudiée, implique deux équipes distinctes, la première créant une diversion dans les gradins en déroulant des banderoles juste avant le début de la corrida, l’autre envahissant la piste quelques instants plus tard. 65 militants pacifiques prennent ainsi d’assaut le sable des arènes, et s’y enchaînent à genoux et en cercle, avant de dégoupiller des fumigènes couleur de sang.

 

La violence la plus abjecte se déchaîne alors: toreros, équipes techniques et d’entretien, organisateurs, mais aussi une bonne partie du public descendent dans l’arène. Durant 35 minutes, ils tabassent impunément les hommes et femmes enchaînés, frappant leur dos, leur tête et leur poitrine à coups de poing, de pied et même de chaînes. Les femmes sont particulièrement visées, subissent des attouchements sexuels, et l’une d’entre elles est déshabillée jusqu’à la taille. Les militants sont dépouillés de leur téléphone, portefeuille et lunettes. Les preneurs d’images, témoins gênants, sont rossés eux aussi.

 

Durant l’interminable calvaire, les policiers se tiennent à l’arrière-plan, échangeant parfois des sourires. Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes, rigole dans sa tribune, mais son homologue Serge Reder, maire de Rodilhan, va plus loin: les caméras le filment parmi les cogneurs, encourageant ses troupes et agressant lui aussi les activistes sans défense.

 

Plusieurs dizaines de militants seront blessés, dont certains gravement, et cela sans parler du traumatisme psychologique. L’événement est sans précédent, car si quelques défenseurs de la cause animale ont été molestés par le passé, cette débauche de sévices est une première. Elle dévoile le vrai visage des amateurs de corrida: il ne s’agit pas pour eux d’honorer une culture, mais de glorifier une pulsion sanguinaire. La violence échauffe et stimule le bon peuple des arènes de Rodilhan.

 

Des dizaines de plaintes accompagnées de preuves par l’image et de certificats médicaux sont déposées, et chacun porte également plainte contre la police et les deux maires coupables pour non-assistance à personne en danger.