Ferme-mouroir à Bastogne : huit bovins maltraités saisis par l’UBEAW et confiés aux refuges d’Animaux en Péril et du Rêve d’Aby.

15 décembre 2016

 

Ce mardi 13 décembre 2016, deux inspecteurs-vétérinaires de l’UBEAW (Unité Bien-être Animal de Wallonie) ont ordonné la saisie de huit bovins en situation de maltraitance grave au sein d’une exploitation agricole de Bastogne. Escortés par la police, les membres des deux associations ont investi les lieux avec leurs vans afin d’embarquer les animaux martyrs et de les emmener dans leurs sanctuaires.

 

img-news-gauche

Situation catastrophique

 

À peine arrivés sur les lieux, le ton est donné puisque trois cadavres jonchent la cour. On nous expliquera plus tard que ce sont loin d’être les premiers découverts dans cette ferme.

Plus loin, trois grandes étables « hébergent » des dizaines de bovins dans des conditions épouvantables. Les animaux sont en effet détenus dans une crasse indescriptible. Les stalles et stabulations ne sont plus entretenues au point que les bovins croupissent dans une fange liquide composée d’urine et de bouse. Bien que rodée par des situations difficiles, notre équipe est consternée par l’ampleur du désastre.

De nombreux animaux sont attachés et certains ne bénéficient d’aucune lumière naturelle. À ce stade, on ne peut plus parler d’une situation d’inconfort, mais bien de maltraitance structurelle.

 

Animaux sous-alimentés et parasités

 

L’état sanitaire des animaux est désastreux. Le niveau de maigreur en est au stade de la cachexie. Le rapport vétérinaire fait état d’un score de 1 sur une échelle de 1 à 5 en ce qui concerne l’embonpoint. Pour la majorité des animaux, le poil n’est plus qu’un agglomérat de déjections collées en une épaisse couche. Les zones visibles de peau font apparaître une importante parasitose, notamment la gale, qui ronge littéralement l’épiderme des animaux.

Une partie des veaux souffre clairement de carences alimentaires engendrant un important retard de croissance. Certains bovins sont également blessés.

En résumé, chaque mètre carré de cet élevage transpire la misère animale.

 

Mise en demeure non respectée par l’éleveur

 

L’éleveur n’est apparemment pas plus attentif à l’autorité qu’au bien-être de ses animaux. Il apparaît en effet que ce dernier a reçu plusieurs avertissements bien avant cette intervention. L’homme n’a absolument pas tenu compte des injonctions émanant des inspecteurs-vétérinaires et a laissé perdurer le chaos sanitaire de son exploitation durant ces derniers mois. Il faut savoir également que l’agriculteur est en défaut de statut IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine) pour ses bovins, ce qui signifie qu’il lui est actuellement interdit de vendre ses animaux. Ce dernier élément en dit long sur l’état d’abandon de l’exploitation et le niveau de négligence très avancé dont se rend coupable le fermier.

Cette situation désastreuse à tous les niveaux n’a pourtant pas empêché l’éleveur de continuer à inséminer ses vaches. Selon des sources très crédibles, il apparaît également que le fermier pratiquait lui-même des césariennes, ce qui est formellement interdit par loi.

 

Une première saisie en guise de nouvel avertissement

 

Suite à ce qui précède, et devant l’inaction du propriétaire des lieux, la cellule Bien-être Animal de la Région Wallonne a donc décidé de confisquer les animaux les plus fragilisés par cette situation. Cette autorité espère ainsi faire comprendre à l’individu qu’il est plus que temps qu’il reprenne la situation en main s’il ne veut pas que son cheptel entier lui soit confisqué.

 

Une amélioration semble peu probable

 

Animaux en Péril et Le Rêve d’Aby félicitent les inspecteurs-vétérinaires de l’UBEAW pour leur avoir confié les animaux les plus fragiles, mais les associations ne sont pas optimistes et craignent le pire pour le troupeau qui reste sous la responsabilité de l’agriculteur. De toute évidence, à la vue de ce qui a été constaté et des échos entendus sur place, l’homme n’est pas du genre a se laisser influencer par l’autorité. La situation est à ce point extrême que la confiance ne peut être de mise. Animaux en Péril et Le Rêve d’Aby insistent donc pour que les injonctions soient très contraignantes et que la surveillance de cette exploitation bénéficie d’un haut niveau de vigilance. Animaux en Péril et Le Rêve d’Aby remercient également les 4 policiers présents sur place pour leur bonne collaboration.

 

Revalidation aux refuges

 

Pour les équipes d’Animaux en Péril et du Rêve d’Aby, le travail ne fait que commencer. Les animaux accueillis sont dans un tel état que la remise sur pied va être longue et fastidieuse.

Après un inventaire complet des différents problèmes constatés par les vétérinaires, la première grande opération va être le décrassage. Viendront ensuite une tonte partielle, puis les traitements antiparasitaires locaux, mais également les traitements internes. La réalimentation progressive permettra à ces martyrs de reprendre des forces petit à petit. Les analyses en ce qui concerne les maladies virales seront également d’actualité. Pendant tout ce temps, les vaches et taurillons resteront en quarantaine. Depuis le soir de leur arrivée, les rescapés profitent déjà pleinement d’un confort ignoré jusqu’à ce jour. Épaisse litière propre, eau fraîche, fourrage et nourriture de qualité sont en effet au rendez-vous. Toutefois, à ce stade, pour certains, le pronostic vital reste engagé. Nous croisons les doigts.

 

Quelles sanctions ?

 

Indépendamment des animaux saisis et des injonctions de remise en état, un procès-verbal pour maltraitance des animaux est établi.

Si le parquet décide de poursuivre l’individu, celui-ci risque de 8 jours à 6 mois de prison et une amende pénale de 100 € à 100.000 €. Si endéans les deux mois de la réception du PV, le parquet se décharge de l’affaire, l’éleveur sera alors poursuivi par le fonctionnaire sanctionnateur de la Région wallonne. Dans ce cas, pas de peine de prison possible, mais une amende de 50 € à 10.000 €.

S’il peut être prouvé que l’agriculteur pratiquait lui-même des césariennes, les condamnations peuvent être plus sévères avec notamment une peine de prison pouvant aller jusque 3 ans.

 

 

Saisie de bovins à Bastogne
Saisie de bovins à Bastogne
Saisie de bovins à Bastogne
Saisie de bovins à Bastogne
Saisie de bovins à Bastogne
Saisie de bovins à Bastogne
Saisie de bovins à Bastogne
Saisie de bovins à Bastogne
Saisie de bovins à Bastogne
Saisie de bovins à Bastogne
Saisie de bovins à Bastogne
Saisie de bovins à Bastogne