Projet de porcherie industrielle à Ronquières - Il faut réagir vite et bien!

4 décembre 2017

 

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Animaux en Péril a été alertée il y a quelques jours qu'un projet de construction d'une usine de 1.800 cochons était déposé à la commune de Braine-le-Comte, dans le Hainaut. C'est donc naturellement qu'un délégué s'est rendu à la réunion d'information qui s'est tenue jeudi dernier.

Les habitants s'inquiètent, à juste titre, non seulement des désagréments liés à la présence d'une telle exploitation dans un cadre bucolique et touristique, mais aussi d'un projet qui va totalement à l'encontre d'une société juste pour tous et durable, l'élevage industriel de cochons étant très polluant et générateur d'énormément de souffrances pour les animaux.

 

 

 

 

L'élevage de cochons : une horreur à chaque étage

 

Un porcelet qui naît dans un élevage industriel subit plusieurs mutilations dès sa première semaine de vie : sa queue est sectionnée, ses dents sont limées et, s'il s'agit d'un mâle, il est castré. Ces opérations sont toute effectuées à vif, par l'éleveur lui-même, et non par un vétérinaire, comme on pourrait s'y attendre. Il ira ensuite rejoindre sa mère, dans un enclos où cette dernière est elle-même encagée entre des barreaux qui l'empêchent de se retourner et de s'occuper de ses petits. Elle n'est là que comme réserve à lait pour les petits.

 

Une fois les porcelets sevrés, la mère est à nouveau inséminée peu après. Elle donnera naissance, moins de 4 mois plus tard, à une nouvelle portée d'une quinzaine de porcelets. 20% d'entre-eux n'atteindront pas l'adolescence (6 mois). Certains mourront de faiblesse, faute d'avoir pu accéder aux mamelles de la truie, d'autres seront éliminés par l'exploitant car leur croissance ne suit pas celle des autres et ils ne seront donc pas rentables. Les survivants seront dirigés vers des parcs d'engraissement. Le projet de Ronquières ne va pas au-delà des normes minimales : un peu plus de 700 centimètres carrés par cochon comme espace vital durant 6 mois. Après ces 6 mois, c'est direction l'abattoir. La truie, quant à elle, est "réformée" après 5 à 6 portées, soit vers l'âge de 4 ans. La "réforme", ce n'est pas la retraite anticipée. C'est l'abattoir.

 

Pour en apprendre plus sur ce type d'élevage, du début à la fin de la chaîne, n'hésitez pas à consulter le dossier de nos collègues et amis du refuge du Rêve d'Aby.

 

 

Faire fonctionner la démocratie

 

Comme le veut la loi, le projet est soumis à enquête publique. La population a donc quelques jours pour réagir et marquer son opposition, motivée, au projet. Un comité s'est créé pour agir et sollicite l'aide de tous les Belges, même si l'avis des habitants des environs (Braine-le-Comte, Ecaussinnes, Bornival, etc) pèsera plus lourd dans la balance. L'avis de chacun compte.

 

ATTENTION - L'ENQUÊTE PUBLIQUE SERA CLÔTURÉE LE 11 DÉCEMBRE

 

Nous joignons ici la lettre, proposée par le comité, à envoyer au Collège communal, que nous vous demandons de personnaliser selon votre point de vue (une lettre non personnalisée ne sera pas prise en compte).

 

Le courrier est à adresser à :

Collège communal

Monsieur Maxime DAYE

Monsieur Léandre HUART

Grand Place 39

7090 Braine-le-Comte

 

Vous pouvez également envoyer votre courrier sur

environnement@7090.be, maxime.daye@7090.be, leandre.huart@7090.be

 

N'oubliez pas de dater la lettre, d'y inscrire vos nom, prénom et adresse, et de la signer. L'absence de ces données annule la validité du courrier.

 

LETTRE :

 

Concerne : Enquête publique 17/024/PN – Permis unique pour l’installation d’une porcherie industrielle à la rue du Tombois

 

Monsieur le Bourgmestre,

Monsieur l’Échevin,

 

Je vous contacte afin de vous faire part de mon inquiétude et de mon opposition à l’installation d’une porcherie industrielle à la rue du Tombois.

 

Ce type d’exploitation est loin d’une agriculture locale de qualité, respectueuse des producteurs, des animaux et de l'environnement. C’est également un modèle agro-industriel qui soulève des préoccupations environnementales réelles, au détriment d’une agriculture locale et des producteurs de proximité, garants de qualité et de la préservation du cadre de vie.

Je souhaite attirer votre attention sur les éléments suivants :

 

Implantation dans un périmètre d'intérêt paysager

 

Le site envisagé se situe en périmètre d’intérêt paysager au schéma de structure communal qui vise à maintenir une grande qualité du point de vue paysager et du point de vue écologique dans ce périmètre. L’implantation de ce projet est en contradiction avec ce schéma qui a été adopté par le collège communal et qui a pour objectif de mettre en place une vision à long terme en matière d'aménagement.

 

Le choix du site est donc inadapté à l’implantation d’une exploitation de ce type. D’autant plus que celle-ci impliquera une emprise de construction importante (4000 m²) et des hauteurs élevées (jusqu’à plus de 10 mètres) combinées à une faible qualité des matériaux choisis (panneaux bétons préfabriqués, toiture en plaque ondulée) qui auront un impact important d’un point de vue paysager.

 

Mobilité : 530 véhicules lourds au minimum

 

Le projet impliquera un trafic important estimé à 530 véhicules au minimum par an sur des voiries de desserte en milieu rural qui ne sont pas adaptées à ce type de circulation. De plus, le schéma de structure communale prévoit dans son schéma de circulation que le village de Ronquières et ses alentours sont situés dans un « Espace d'habitat à protéger en termes de circulation ». Le charroi lourd impliqué par ce projet est donc en contradiction avec ce plan voté par le collège.

 

Absence d’étude d’incidence – extension future de l’exploitation

 

La demande introduite comprend un nombre d’animaux juste inférieur à la limite pour éviter une demande de classe 1 (à partir de 2000 animaux dans ce cas) et ainsi éviter la réalisation d’une étude d’incidence sur l’environnement. Ce type d’exploitation pourrait néanmoins par la suite demander une extension du permis qui pourrait s’obtenir plus facilement une fois l’exploitation installée. Une extension de l’exploitation est par ailleurs déjà envisagée dans le dossier. L'absence d’étude d’incidence me semble inacceptable dans le cadre d’un projet de cette ampleur et ce, dès la première phase.

 

Impacts environnementaux

 

Le projet prévoit la production de près de 3000m³ de lisier. Il est prévu que ces effluents soient épandus sur les terres environnantes et en partie évacués via d’autres exploitations. A ce stade, il n’existe aucune garantie sur la proportion du lisier qui sera épandu et qui représente un risque de pollution en nitrate pour les milieux environnants, a fortiori en l’absence d’étude d’incidence.

 

Le projet prévoit un captage d’eau pour un volume de 5000m³. Or, la demande de permis stipule déjà que la consommation des animaux sera supérieure (7884 m³). Par ailleurs, celle-ci pourrait encore s’accroître en cas d’extension de l’exploitation. En l’absence d’étude d’incidence, rien ne permet de déterminer l’impact de ce pompage sur les nappes phréatiques.

 

Aucune solution de traitement n'est prévue pour les eaux usées et de nettoyage qui seront produites dans des quantités importantes au vu des surfaces étanchéifiées. Il est prévu que ces eaux soient directement reversées dans la fosse à lisier et donc répandues sur les terres environnantes.

 

Cadre de vie

 

Le projet est susceptible de générer des impacts réels en matière de nuisances olfactives et sonores liées tant à l’exploitation (cris des animaux, …) qu’aux équipements (silos, ventilation, …). Aucune mesure n’est prise pour limiter ces impacts qui seront largement supérieurs à ceux d’une exploitation agricole raisonnée.

 

Mode d’exploitation de type agro-industriel

 

Le type d’exploitation choisi est un modèle agro-industriel qui n’est pas compatible avec le développement d’une agriculture durable dans notre région. Cette méthode d’engraissement rapide fonctionnant sur base du « All-in, All-out » avec 8 compartiments de 224 porcs qui sont nourris de la même façon et évacués en une fois à destination de l’abattoir soulève des préoccupations réelles concernant le bien-être animal, au détriment d’une agriculture locale et des producteurs de proximité, garants de qualité et de la préservation du cadre de vie.

 

Sur base de ces différents éléments, je ne peux, en aucun cas, souscrire à ce projet agro-industriel au détriment d’une agriculture durable et de proximité, respectueuse des animaux, de l'environnement et du cadre de vie.

 

C’est pourquoi je demande au collège de la ville de Braine-le-Comte, qui est l’autorité compétente dans ce dossier, de ne pas accorder le permis relatif à cette installation.

 

Signature : ..............

 

 

Reportage de Bite back dans un élevage industriel de cochons

 

Fête des Parrains et Marraines 2017
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