Le nouveau Code Wallon du Bien-être animal adopté

20 juillet 2018

 

Lorsqu’il est entré en fonction, le ministre du Bien-être animal Carlo Di Antonio s’y était engagé : il ne terminerait pas son mandat sans une refonte de la loi relative au bien-être et à la protection des animaux de 1986.

 

Matière fédérale jusqu’en 2014, le bien-être animal est depuis régionalisé et dépend de trois ministères impliquant une évolution de la loi à trois vitesses. Sur cet aspect, sans être chauvin, la Wallonie a une longueur d’avance grâce à un ministre qui n’a pas ménagé ses efforts pour faire progresser la législation qui était d’application.

 

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Dans un premier temps, Carlo Di Antonio a tenu à entendre les attentes de la population. Au début de son mandat, il a donc réalisé plusieurs consultations populaires sur la thématique du bien-être animal. Le ministre a aussi rencontré les acteurs de terrain, à savoir les principaux refuges agréés et associations pour les droits des animaux. L’équipe du Cabinet a alors travaillé à l’élaboration des nouveaux textes avant de les présenter pour avis au Conseil du Bien-être animal où siègent Animaux en Péril, Sans Collier, la SPA de Liège et GAIA.

 

Si les fondations de la loi de 1986 ont été conservées, celle-ci s’est vue sérieusement rafraîchie tant sur le fond que sur la forme.

 

Indépendamment du fait qu’il consolide tous les acquis obtenus depuis 30 ans au niveau fédéral, le Code Wallon propose de nouvelles mesures dont certaines sont très fortes et ont été saluées avec enthousiasme par les associations de protection animale.

 

 

Voici quelques nouvelles mesures parmi les plus significatives

 

1) La fin des élevages de poules pondeuses en cage. En 2012, l’Europe a interdit l’utilisation des cages conventionnelles. Les éleveurs se sont alors vus contraints d’investir dans des cages « enrichies », ce qui ne changeait pas grand-chose au sort abominable réservé à ces animaux. Les cages, le ministre wallon n’en veut plus et souhaite les interdire définitivement. Aucun nouvel élevage de ce type ne pourra être installé sur le territoire et pour ceux qui existent toujours, il y aura une période transitoire de dix ans. Ce délai peut paraître long, mais la Wallonie adopte néanmoins une mesure forte par rapport aux autres régions d’Europe.

 

2) L’obligation d’avoir un permis pour détenir un animal. À 18 ans, tout citoyen obtiendra automatiquement ce permis et ce, gratuitement et sans formalités administratives. En cas de maltraitance sur animaux, un fonctionnaire sanctionnateur pourra lui retirer ce permis.

La volonté d’introduire ce permis est liée à la non-application quasi systématique de l’article 40 de la loi de 1986 qui permet à un juge d’interdire à un individu la détention d’animaux. Animaux en Péril avait interpellé le ministre à ce sujet à plusieurs reprises puisqu’elle se constitue systématiquement partie civile lors de saisies d’animaux chez des propriétaires maltraitants.

Il est important de rappeler qu’actuellement une administration n’a pas le droit d’interdire à une personne de détenir des animaux. L’idée intéressante du ministre a été d’inverser la procédure avec cette possibilité de retrait de l’autorisation de détention (permis) en cas de maltraitance. Il est fort à parier que ce dispositif limitera la récidive.

 

3) L’étourdissement systématique des animaux avant l’abattage. Le code wallon confirme l’obligation d’étourdir un animal avant sa mise à mort afin de lui épargner des souffrances inutiles. À noter que seules les personnes ayant les capacités requises peuvent abattre un animal. Enfin, tous les abattoirs wallons seront désormais équipés d’un système de vidéosurveillance afin de veiller au respect du bien-être animal.

 

5) Le renforcement des peines pour les personnes qui maltraitent leurs animaux. Dans les cas les plus graves, un auteur de maltraitance sur animaux encourra dorénavant une peine de prison de dix à quinze ans et d’une amende pouvant aller jusqu’à 10 millions d’euros. Si la justice ne poursuit pas l’auteur des faits de maltraitance, le fonctionnaire sanctionnateur pourra lui infliger une amende s’élevant jusqu’à 100.000 euros.

 

6) Le code wallon valorisera le secteur des refuges agréés en renforçant les conditions d’agrément tout en garantissant un soutien accru. Pour ce faire, le ministre prévoit une mesure qui paraît symbolique, mais qui a toute son importance : seuls les refuges agréés pourront porter l’appellation refuge.