Touche pas à mon ZOO !!! - Le bourgmestre de Brugelette interdit la manifestation contre Pairi Daiza

28 mars 2019

 

Un collectif composé de 18 associations de protection des animaux avait prévu de se réunir le samedi 6 avril prochain, à proximité de Pairi Daiza, afin de protester contre son projet d’accueillir prochainement des ours polaires.

Prétextant des facteurs liés à la sécurité et aux risques de troubles à l’ordre public, André Demarlières interdit aux associations de se réunir.

 

Pour les ASBL organisatrices de l’événement (Wolf Eyes, Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby et Animal sans Toi..t), cette interdiction constitue un déni de démocratie et une atteinte aux droits fondamentaux.

 

img-news-gauche

 

Une manifestation pacifique et encadrée

 

17 associations avaient répondu à l’appel de l’ASBL Wolf Eyes lancé il y a quelques semaines et les bénévoles des refuges d’Animaux en Péril, du Rêve d’Aby et d’Animal sans Toi..t s’étaient engagés à encadrer la manifestation. Si ces associations sont connues pour leur militantisme, elles le sont aussi pour leur sérieux et leur caractère non-violent.

Lors de la demande d’autorisation aux autorités locales, le comité organisateur a bien précisé qu’aucune entrave à la liberté de circuler ou d’atteindre l’entrée du zoo n’était envisagée. Tout au plus, une distribution de tracts d’informations aux visiteurs du parc zoologique était souhaitée.

De plus, le nombre de militants attendus ne dépassait pas les quelques centaines, ce qui reste très facilement gérable en matière d’encadrement et de sécurité.

 

Jean-Marc Montegnies, Président d’Animaux en Péril s’est dit choqué que le bourgmestre lui fasse un procès d’intention et il met au défi le chef de la commune de lui donner un exemple de comportement violent émanant d’un militant de son association, ou d’une organisation partenaire, dans le cadre d’une manifestation.

 

Contre-manifestation

 

Suite à l’appel à manifester contre la venue des ours polaires, quelques inconditionnels de Pairi Daiza lançaient à leur tour un appel pour organiser une contre-manifestation.

Le mouvement de protestation des associations de protection des animaux n’ayant pas de caractère haineux et n’étant pas dirigé contre des personnes tout en s’engageant à ne pas perturber l’accès au parc animalier, l’initiative de quelques fans du zoo relevait évidemment d’une déplorable provocation afin d’essayer de museler le discours anti-zoo. Leur but est atteint !

 

Propos injurieux et menaçants tenus sur Facebook

 

Dans les motivations de son arrêté d’interdiction, l’élu de Brugelette met en exergue des propos injurieux et menaçants tenus par quelques internautes sur les réseaux sociaux, et ce, dans les « deux camps ». Pour Jean-Michel Stasse, président de Wolf Eyes « s’il fallait interdire tous les événements parce que certains individus grossiers et irrespectueux s’expriment sur Facebook, la société s’arrêterait de tourner ».

Le bourgmestre reste toutefois convaincu que le risque d’échauffourées existe et déclare « si des incidents éclatent, la situation ne pourra pas être maintenue sous contrôle par les forces de l’ordre » et encore « ceci présente un risque à ce point important pour la sécurité et la tranquillité publique qu’il n’est pas possible de les [manifestations] laisser se dérouler même en les soumettant à des conditions particulières ».

 

Les organisateurs cèdent… provisoirement

 

Après concertation, les 4 membres organisateurs annoncent ce jour qu’ils obtempèrent à l’injonction du Bourgmestre de Brugelette, mais l’informent qu’ils ne s’avouent pas vaincus et que leur action n’est que partie remise.

Pour Jean-Marc Montegnies « Bien que cela aurait été légitime, organiser un rassemblement non autorisé n’est pas si simple et doit être mûrement réfléchi. Il nous restait très peu de temps jusqu’au 6 avril. Voilà pourquoi nous préférons nous replier, mais ce n’est que pour mieux revenir ».

Les associations s’engagent à faire une nouvelle demande d’autorisation dans les semaines à venir et espèrent que l’autorité communale sera plus raisonnable. Dans le cas contraire, les militants n’hésiteront pas à se mettre en défaut avec la loi pour faire valoir leur liberté d’expression.

Pour Jean-Michel Stasse « La liberté de manifester ne peut pas être bafouée par un élu local qui protège son pénitencier pour animaux ».