Le président de l’association wallonne du cheval de trait belge martyrise son étalon reproducteur

5 juin 2019

 

Vendredi après-midi, Animaux en Péril et Equi Rêve ont été appelées à se rendre dans une prairie sur le territoire de Bois-de-Villers pour venir en aide à un cheval de trait en grande souffrance. À leur arrivée à l’adresse indiquée, les responsables ont découvert un animal à bout de force.

L’étalon se tenait en retrait et difficilement sur son antérieur droit et son postérieur gauche. Ses pieds, dans un état catastrophique, l’empêchaient de marcher et il se laissait tomber pour se coucher.

 

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Face à la détresse du cheval, les associations ont directement contacté la police de la zone Entre Meuse et Sambre pour demander à ce qu’un agent constate les faits de négligence extrême. Le bourgmestre de la commune, Luc Delire, s’est également rendu sur place et a demandé à ce qu’un vétérinaire intervienne pour faire un rapport sur l’état de l’animal.

 

Un véritable martyre pour l'étalon reproducteur

 

Lorsque les associations et la vétérinaire, accompagnées de la police, se sont avancées sur le terrain où se trouvait l’étalon, elles ont été prises à la gorge par une odeur nauséabonde qui, à elle seule, témoignait des plaies purulentes dont souffrait le cheval. La vétérinaire a rapidement noté que ce dernier était atteint du syndrome de « patte à jus »; les plaies sur les jambes de l’étalon n’étaient pas soignées et littéralement rongées par des vers de mouches (asticots).

« Le cheval ne sait plus adopter de position physiologique pour uriner, ses muscles présentent des fasciculations de stress métaboliques et de douleur » relevait également la vétérinaire.

À noter également que l’animal n’avait plus accès à l’eau. Sa position attestait d’une grande souffrance dans les membres: il était en tachycardie avec plus de 80 pulsations par minute (la norme étant de plus ou moins 40).

 

Requêtes choquantes du propriétaire maltraitant!

 

Le propriétaire de l’étalon, également président de l’association wallonne du cheval de trait belge et éleveur de chevaux, est arrivé sur place peu après les autorités. Face à la police, au bourgmestre et aux associations de protection animale, il a minimisé les faits, pire, il a demandé en priorité à contacter son assureur pour savoir s’il pouvait récupérer les 7500 euros pour lesquels il était assuré en cas d’euthanasie de son animal.

 

Après plusieurs heures de négociation avec le bourgmestre, les associations ont obtenu que le cheval soit libéré de ses souffrances. Malheureusement, l’état physique de l’animal était trop avancé et ne permettait pas d’envisager une guérison; la seule solution était l’euthanasie. Avant que l’acte soit posé, le propriétaire, totalement insensible aux douleurs atroces qu’endurait son étalon, a demandé si un ultime échantillon de sperme ne pouvait pas être prélevé. L’individu n’avait aucune considération pour son animal et jusqu’au dernier souffle de ce dernier, il n’a pensé qu’à en tirer un profit financier.

 

Eleveur irresponsable

 

Le propriétaire n’a pas assumé son cheval de son vivant et n’aura pas non plus géré ce dernier après son euthanasie, car la dépouille est restée sur la prairie après le départ des autorités et des associations. Ces dernières ont été averties du comportement lamentable du propriétaire suite à des plaintes du voisinage.

 

La police a rédigé un PV pour maltraitance et les associations attendent maintenant la décision du Parquet, à savoir si le président de l’association wallonne du cheval de trait belge sera poursuivi. Animaux en Péril insiste pour que le bourreau réponde de ses actes devant la justice et n’hésitera pas à demander une citation directe si le Parquet décidait de ne pas le renvoyer devant le tribunal.

 

Etalon martyrisé à Bois-de-Villers
Etalon martyrisé à Bois-de-Villers
Etalon martyrisé à Bois-de-Villers
Etalon martyrisé à Bois-de-Villers
Etalon martyrisé à Bois-de-Villers