Maltraitance animale à Piéton : le propriétaire condamné par la justice

8 janvier 2020

 

Ce mercredi 8 janvier, le tribunal correctionnel de Charleroi s’est prononcé dans une affaire de maltraitance animale à Piéton datant de juillet 2018. Une trentaine de moutons, deux boucs ainsi qu’une cinquantaine d’animaux de basse-cour avaient été saisis d’urgence par le bourgmestre suite à une plainte d’une riveraine. Les animaux, livrés à eux-mêmes, étaient affamés et contraints de survivre au milieu d’une vingtaine de cadavres. L’association Animaux en Péril, qui avait accueilli une grande partie des animaux saisis et qui s’était constituée partie civile dans ce dossier, se réjouit de la condamnation de l’auteur des faits.

 

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Le propriétaire des animaux, Mouloud Bouzekri, devra s’acquitter d’une amende pénale de 6000€ et indemniser les refuges à concurrence de 24.000 euros.

Animaux en Péril et ses collègues du Rêve d’Aby, d’Equi’Chance et d’Animal Sans Toi..t se sont déclarés satisfaits que la justice de Charleroi ait traité l’affaire avec sérieux compte tenu des faits ignobles dont Mouloud Bouzekri a été l’auteur.

 

Rappel des faits

 

Le 20 juillet 2018, aux alentours de 22h, les responsables des refuges d’Animaux en Péril et du Rêve d’Aby sont sollicités par la zone de police de Mariemont afin d’opérer de toute urgence la saisie de plusieurs dizaines d’animaux détenus sur un terrain privé. C’est une riveraine qui a donné l’alerte en informant la SPA de La Louvière.

 

À son arrivée sur les lieux indiqués par les forces de l’ordre, les soigneurs professionnels et les bénévoles des différents refuges découvrent un véritable charnier : des cadavres de moutons jonchent de part et d’autre du terrain, des tas de dépouilles en décomposition sont amassés dans un coin de la prairie et entre ces morts, des animaux rachitiques déambulent à la recherche désespérée d’eau et de nourriture. Deux boucs se trouvent aussi sur les lieux ainsi qu’une cinquantaine de poussins et de poules, confinés dans des cages à cobayes.

 

Une longue revalidation

 

Les rescapés de Piéton avaient été placés plusieurs semaines en quarantaine afin de recevoir des soins importants de la part des professionnels des différents refuges. Cachectiques et déshydratés, les moutons devaient aussi lutter contre les nombreux parasites qui les rongeaient. Certains n’ont malheureusement pas survécu, leur état fragile étant trop avancé.

 

Une situation minimisée par l’accusé

 

Accusé d’être en vacances durant la période infractionnelle sans avoir veillé à prendre soin de ses animaux, le propriétaire affirmait n’être parti de son domicile que quelques jours et rejetait la faute sur sa voisine.

 

Au cours du procès, l’avocate d’Animaux en Péril avait insisté sur le manque évident de soins dont étaient victimes les animaux, et ce, depuis un certain temps au regard de leur état physique, mais aussi des nombreux cadavres découverts chez Mouloud Bouzekri.

Le premier substitut avait aussi noté ce manque criant de soins et relevé le fait que cette négligence ne datait pas que de quelques jours, mais de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, vu le nombre de cadavres en décomposition sur place. Il avait donc requis une peine sévère pour le prévenu.

 

En toute logique, le tribunal a rejeté exclusivement la faute sur Mouloud Bouzekri tandis que sa voisine, également poursuivie dans ce dossier, bénéficie d’une suspension de prononcé.

 

Moutons saisis à Piéton une semaine après