Inondations spectaculaires au refuge

News14 novembre 2010

 

Nous n’étions pas les seuls, hier, à assister à la montée des eaux dans l’axe Tubize - Braine l’Alleud, zone de Belgique la plus touchée par le déluge de cette mi-novembre. Le Hain, petite rivière qui enserre nos bâtiments dans une de ses boucles, n’en est pas à sa première crue; mais ses offensives antérieures n’ont pas dépassé le jardin de convivialité à l’arrière du refuge. Rien ne nous préparait donc à l’épisode suivant.

 

Ce 13 novembre, la rivière monte très vite et envahit le jardin avec une rapidité qui suscite l’inquiétude. Les flots ne s’arrêtent pas là: brusquement, une véritable marée arrive en vagues par l’avant des bâtiments. Elle engloutit la prairie voisine, et en quelques minutes notre parking disparaît sous une eau boueuse qui glisse paresseusement entre les murs, formant une piscine nauséabonde d’un bon mètre de profondeur.

 

Les véhicules piégés sur le parking sont déplacés en toute hâte, mais très vite une préoccupation bien plus importante voit le jour: la marée monte toujours, franchit la cuisine, et finalement déborde dans le chenil principal. L’évidence s’impose: le bâtiment doit être évacué. Le seul lieu sûr pour près de 60 chiens est le second chenil, bâti au fond du terrain et surélevé par rapport aux autres structures.

 

Des cages de transport y sont placées afin d’accueillir provisoirement les animaux, et l’évacuation commence, bêtes et gens courant dans l’eau glacée qui arrive en certains endroits au cou des plus grands chiens, et détrempe les vêtements des volontaires. Toute la population canine du refuge se retrouve bientôt, saine et sauve, dans le seul bâtiment épargné par les flots.

 

Côté chats, le jardin est très vite noyé lui aussi, et nos volontaires rapatrient en vitesse les animaux dans la chatterie, dont la porte est fermée et barricadée contre l’eau montante. Nos matous gèrent l’urgence en filant se réfugier sur les armoires, où ils attendent la fin des hostilités, inquiets mais silencieux.

 

NewsUne fois les pensionnaires à l’abri, une course contre la montre s’engage pour protéger le matériel (informatique et autre) dans les pièces touchées, qui incluent entre autres l’accueil, la boutique, les installations vétérinaires, la cuisine, la cafétéria et la buanderie. Puis les raclettes prennent le relais: soigneurs, bénévoles et vétérinaires commencent à repousser l’eau hors des installations. Après des heures de travail, accompagnées d’une légère descente de la rivière, les voies principales du refuge sont dégagées.

 

Mais vers 21h, une seconde vague encore plus rapide que la première frappe le refuge. Elle balaie en quelques instants les heures de nettoyage harassant qui ont précédé, et le labeur reprend alors même que l’épuisement, chez la plupart des volontaires, se fait désespérément sentir. Quand la rivière se retire enfin, elle laisse derrière elle un lac piégé dans le parking et dans l’entrée. Dans tout le reste du refuge, une pellicule boueuse recouvre les surfaces, mais nos volontaires regagnent peu à peu du terrain, à grand renfort de torchons et de raclettes. Les chiens, quant à eux, ont regagné leur décor habituel, tout risque étant désormais écarté dans les chenils.

 

La nuit arrive mais n’interrompt pas un travail qui s’exécute sans plus aucune notion du temps. Vers 23 heures, un camion de pompiers écarlate apparaît au bord du parking intérieur toujours enseveli sous les eaux noires. Cette arrivée est une bénédiction pour les volontaires résignés à une nuit blanche: la pompe ultra-puissante des professionnels vide le parking comme si une main secourable avait tiré le bouchon d’un gigantesque évier. Une heure plus tard, tout est terminé.

 

Aujourd’hui, en pleine lumière, les dégâts apparaissent. Si le principal est de ne déplorer aucune victime, l’inondation représente un désastre au niveau du matériel: le revêtement du sol et des murs a pompé l’eau, et se décolle partout, formant des cloques bouffies. Une partie du matériel technique, médical et d’entretien n’a pu être sauvé à temps. Enfin, tout le refuge dégage une odeur de vase, et la boue grasse qui stagne dans beaucoup de locaux nous vaudra sans doute des jours de nettoyage.

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