Régionalisation du bien-être animal: une absurdité politique qui pénalisera les animaux

News25 octobre 2011

 

Depuis plus de 400 jours, ce n’est un secret pour personne, le paysage politique belge se redessine.

Mais depuis quelques semaines, le négociateur Elio di Rupo et ses partenaires semblent être proches d’un accord gouvernemental.

 

Le pacte tant attendu a un prix: le marchandage entre communautés entraîne le transfert de nombreuses compétences, parmi lesquelles le bien-être animal, du niveau fédéral vers le niveau régional. Animaux en Péril et l’ensemble des sociétés de protection animale du pays s’insurgent contre cette évolution: une fois la nouvelle législature en place, le bien-être animal ne relèvera plus du Ministère fédéral de la Santé, mais sera fractionné entre les trois gouvernements régionaux. Ce qui entraînera ni plus ni moins le détricotage de 25 ans de travail et de lois fédérales acquises à force d’acharnement.

 

La première véritable législation en protection animale voit le jour en 1986. Jusqu’en 1999, la situation demeure difficile: bien que traité au niveau fédéral, le Bien-être animal dépend du Ministère de l’Agriculture, avec tous les conflits d’intérêt que cela suppose (fin de non-recevoir pure et simple pour tous les problèmes liés à la maltraitance des animaux d’élevage, et en règle générale refus de percevoir l’animal comme un être sensible).

 

Les S.P.A. obtiennent à grand-peine le transfert du bien-être animal au sein du Ministère de la Santé publique, un cadre bien plus favorable: l’évolution de la condition animale demeure laborieuse, mais elle est préférable au statisme et à la paralysie qui ont précédé. Aujourd’hui, des années plus tard, un danger resurgit: celui de voir peut-être, à la faveur de la régionalisation, le bien-être animal passer sous la tutelle du Ministre régional de l’agriculture et effectuer un retour vers sa propre préhistoire.

 

De plus, comme le souligne Jean-Marc Montegnies, président d’Animaux en Péril: «Les animaux n’ont que faire des querelles communautaires; or, avec la régionalisation proposée, on va vers un système où la législation sur le bien-être animal évoluera à trois vitesses différentes d’une région linguistique à l’autre, alors que les besoins éthologiques d’un cheval ou d’un chien sont identiques à Tournai, Anvers ou Bruxelles».

 

Ce recul est dénoncé par toutes les S.P.A, qui s’inquiètent de l’absence de réponse aux questions essentielles. Qu’adviendra-t-il, par exemple, du service Inspection vétérinaire cellule Bien-être animal? Le Conseil du Bien-être sera-t-il scindé en trois? Quel est l’avenir de l’Abiec (fichier central d’enregistrement canin)? Quelles seront les conséquences de la régionalisation pour le plan quinquennal en faveur des chats, qui avait mobilisé tant d’efforts de la part des associations et de leurs membres?

 

Bref: faudra-t-il tout recommencer? Les 12 dernières années ont été laborieuses et épuisantes, mais une évolution s’était dessinée malgré tout. La dernière aberration politique belge remet en question ces acquis par une décision arbitraire, exempte de toute analyse, et à mille lieues des réalités d’un terrain dont la conquête fut longue et difficile.

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