Zéphira n’a pas survécu à son calvaire

News13 décembre 2010

 

La ponette saisie il y a deux jours dans la localité de Taintignies a succombé aujourd’hui aux mois de privations qu’elle a traversés, et ce malgré sa mise en soins intensifs au refuge de Meslin l’Evêque. Averti deux jours auparavant qu’une ponette gisait de tout son long en prairie malgré les températures glaciales, un de nos délégués s’était immédiatement rendu sur place, et n’avait pu que confirmer les faits: l’animal, la peau sur les os, n’avait même plus la force de relever la tête.

 

Dès le passage du délégué, une plainte est déposée auprès de la police, et la saisie de l’animal est obtenue. Elle tourne mal: la propriétaire, une certaine Madame Landrieu qui exercerait officieusement le métier de foraine, débarque en vociférant avec son fils. Insultes, menaces verbales et comportement de plus en plus agressif ne laissent pas le choix aux policiers, qui embarquent les fous furieux. Notre équipe accède à la prairie sous bonne escorte, et tracte en douceur la ponette dans le van à l’aide de sangles.

 

Le voyage est lent, afin d’épargner un maximum de secousses à la mourante. Quant au déchargement, il est encore plus délicat et nécessite de transférer l’animal sur un tapis de box en caoutchouc avant de le tirer jusqu’à l’écurie de soins et de quarantaine. Là, dans un box capitonné pour protéger les chevaux affaiblis des chutes brutales, la ponette, baptisée Zéphira, est déposée sur une épaisse couche de paille. En soins intensifs, veillée minute par minute, elle est réalimentée et abreuvée avec prudence.

 

Durant 24 heures, un léger mieux se profile, et l’espoir renaît pour Zéphira. Mais un équidé, indépendamment des problèmes musculaires et articulatoires entraînés par la position allongée, ne peut rester trop longtemps étendu sans subir des perturbations parfois mortelles au niveau du transit intestinal. Le lendemain, la ponette agonise; elle s’éteint aux mains de nos vétérinaires, qui estiment inutile d’ajouter de nouvelles souffrances à celles, aiguës, qui ont marqué ses dernières semaines.

 

Entre-temps, les bourreaux relâchés assiègent le commissariat, et insistent d’abord pour se rendre au refuge de Meslin l’Evêque afin de se recueillir sur la dépouille de leur victime et de «lui dire un dernier adieu», puis pour lui trancher la queue en guise de souvenir. Devant notre refus catégorique d’accéder à l’une ou l’autre de ces exigences, ils déclarent à plusieurs reprises leur intention de venir «foutre le feu» au refuge de Meslin l’Evêque, qui passera en conséquence 48h en état d’alerte.

 

Le rapport du vétérinaire pointe du doigt la cachexie de l’animal (une maigreur telle qu’elle a entraîné une fonte musculaire), mais également les négligences graves endurées par l’animal: ni les pieds ni la dentition ne sont entretenus, et le pelage est dans un état lamentable. Zéphira souffrait également d’escarres (lésions cutanées à l’endroit où les os pressent contre le sol). Enfin, la jument ne portait pas d’identification électronique, ce qui est contraire à la loi belge.

 

Des poursuites ont déjà été engagées à l’encontre des propriétaires, qui incarnent un échec complet à tous les niveaux d’humanité et de morale.

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