30 septembre 2026
C’est avec un réel soulagement, mais aussi une satisfaction mesurée, que les refuges Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby et Au Bonheur Animal accueillent le jugement rendu ce jour par le Tribunal correctionnel du Brabant wallon dans l’affaire concernant Diana Du Monceau de Bergendal.
Le tribunal la condamne à une amende de 20.000 euros, sans sursis, et limite désormais le nombre d’animaux qu’elle peut détenir à deux chiens et deux chevaux.
Diana Du Monceau de Bergendal est également condamnée à rembourser les frais engagés par les refuges qui ont accueilli et pris en charge les animaux saisis.
Pour les trois associations, constituées parties civiles dans ce dossier, le premier sentiment est celui du soulagement. L’acquittement avait été plaidé par la défense, ainsi que, subsidiairement, une suspension du prononcé. Le tribunal a finalement choisi de prononcer une condamnation et une amende ferme.
Après avoir accueilli, soigné et réhabilité les animaux, les trois refuges avaient fait le choix d’aller jusqu’au bout de la procédure judiciaire pour défendre ceux qui ne peuvent pas le faire eux-mêmes. Le jugement rendu aujourd’hui apporte une réponse judiciaire à cette démarche.
Cette satisfaction reste néanmoins incomplète. Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby et Au Bonheur Animal souhaitaient une interdiction totale de détention d’animaux. Le tribunal a choisi de limiter la détention à deux chiens et deux chevaux.
« Nous sommes avant tout soulagés. Une autre issue était possible : il aurait pu y avoir un acquittement ou une suspension du prononcé. Aujourd’hui, il y a une condamnation, une amende ferme et une limitation très importante du nombre d’animaux pouvant être détenus. C’est une décision qui compte. Nous ne cachons toutefois pas que nous espérions une interdiction totale de détention. » s’exprime Jean-Marc Montegnies, Président d’Animaux en Péril.
Cette procédure trouve son origine dans l’importante saisie réalisée le 20 décembre 2023 sur la propriété de Diana Du Monceau de Bergendal à Chastre.
Au total, 266 animaux avaient été saisis. Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby et Au Bonheur Animal et de nombreuses autres ASBL avaient alors été mobilisées pour prendre en charge l’énorme cheptel.
Les équipes avaient découvert une très forte concentration d’animaux dans un environnement particulièrement dégradé, marqué notamment par l’omniprésence des déjections, l’accumulation de déchets et d’objets divers ainsi que des prairies transformées en vastes étendues de boue.
Après leur saisie, plusieurs animaux avaient nécessité une hospitalisation. Les examens vétérinaires avaient notamment mis en évidence chez certains d’entre eux des états de malnutrition sévère et d’importantes infestations parasitaires. Plusieurs animaux sont décédés malgré leur prise en charge.
Cette intervention n’était par ailleurs pas la première concernant Diana Du Monceau de Bergendal. Plusieurs interventions et saisies avaient déjà eu lieu au cours des années précédentes.
Le tribunal prononce aujourd’hui l’amende de 20.000 euros sans sursis, mais n’impose pas l’interdiction totale de détention que souhaitaient les trois refuges. Diana Du Monceau de Bergendal pourra encore détenir deux chiens et deux chevaux, limite imposée par le tribunal.
Pour les associations, cette limitation représente une avancée évidente par rapport à la situation qui avait conduit à la présence de plusieurs centaines d’animaux sur la propriété. Elle ne leur apporte cependant pas la même garantie qu’une interdiction complète.
La constitution de partie civile d’Animaux en Péril, du Rêve d’Aby et d’Au Bonheur Animal n’avait pas pour seul objectif d’obtenir le remboursement des sommes engagées.
Lorsqu’un refuge accepte de prendre en charge des animaux saisis, sa responsabilité ne s’arrête pas lorsqu’ils franchissent les portes du refuge. Il faut les nourrir, les soigner, parfois les hospitaliser, les réhabiliter et leur permettre de reconstruire une vie. Mais pour les trois associations, il faut également être présent lorsque l’affaire arrive devant la justice.
Aller jusqu’au bout d’une procédure comme celle-ci, c’est aussi porter devant le tribunal la réalité vécue par les animaux et par ceux qui ont dû les prendre en charge.
« Les animaux ne peuvent pas pousser la porte d’un tribunal. Ils ne peuvent pas raconter ce qu’ils ont vécu ni demander eux-mêmes que justice leur soit rendue. C’est aussi notre rôle. Lorsque nous nous constituons partie civile, nous le faisons pour aller jusqu’au bout et porter leur voix devant la justice. Aujourd’hui, cette condamnation montre combien cette démarche est importante. » explique Jean-Marc Montegnies, Président d’Animaux en Péril.
Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby et Au Bonheur Animal ont décidé de ne pas faire appel de ce jugement.
Même si les trois associations auraient souhaité qu’une interdiction totale de détention soit prononcée, elles prennent acte de la décision du tribunal et ne souhaitent pas prolonger de leur initiative une procédure déjà longue.
Elles espèrent désormais que Diana Du Monceau de Bergendal fera le même choix et que ce jugement pourra devenir définitif.
Pour les équipes qui ont participé à la saisie et accompagné ces animaux pendant de longs mois, cette décision permet donc d’envisager la fin d’un dossier particulièrement lourd.