Une trentaine d’animaux maltraités saisis dans une école coranique à Anderlecht

10 novembre 2020

 

À la demande de la zone de police Bruxelles-midi, les refuges d’Animaux en Péril, d’Help Animals, du Rêve d’Aby, d'EquiChance et de la Protection des oiseaux ont pris en charge plusieurs dizaines d’animaux détenus dans d’épouvantables conditions.

 

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Ce mardi 10 novembre en début de soirée, la police de Bruxelles a décidé, suite à un contrôle mené dans une « ferme pédagogique » gérée par l’école coranique située rue Saint-Denis à Anderlecht, de saisir l’ensemble du cheptel détenu au sein de l’établissement scolaire.

De nombreux animaux croupissaient dans des conditions qui dépassent l’imagination, tels que des poneys, des alpagas, des animaux de basse-cour, mais aussi des autruches, nandous, maras, une chèvre, ou encore des hiboux grands-ducs. Pour ces derniers, indépendamment des conditions, la détention est tout simplement interdite.

 

Un environnement totalement inadapté aux animaux

 

À leur arrivée sur place, les soigneurs professionnels et bénévoles des refuges découvrent un univers chaotique et glauque. Les animaux doivent se partager quelques dizaines de mètres carrés coincés entre un bâtiment industriel et le chemin de fer. L’environnement n’est composé que de véritables geôles à ciel ouvert, au sein desquelles l’horreur du décor n’a d’égal que l’odeur pestilentielle qui se dégage des lieux.

Coincés entre un haut mur et des grilles de chenil, les animaux pataugent dans une fange composée d’urine, d’excréments et de boue. L’étroitesse des lieux est tout simplement scandaleuse, en particulier pour les animaux « plus exotiques » comme les maras ou les autruches.

 

« Même dans les pires cirques, encore autorisés il y a quelques années en Belgique, je n’ai jamais vu des conditions de détention aussi pitoyables pour des animaux exotiques. Qualifier cela de ferme pédagogique est complètement invraisemblable. Si c’est cela la notion d’éducation au respect des animaux dans cet établissement scolaire, cela pose vraiment question », déclare Jean-Marc Montegnies, président d’Animaux en Péril.

 

Une intervention compliquée

 

La configuration des lieux ainsi que l’heure tardive, obligeant les équipes des refuges à travailler dans l’obscurité, ont compliqué l’embarquement des animaux. Dans un premier temps, les rescapés ont dû être extraits par l’extérieur et évacués par les voies du chemin de fer. Le propriétaire des lieux, sur insistance de la police, a toutefois fini par accepter d’ouvrir le hangar afin de faciliter l’opération de sauvetage.

Les animaux ont ainsi été chargés dans les vans des refuges, venus en nombre, afin de ne pas y mélanger les différentes espèces tout en assurant leur sécurité.

 

L’intervention salvatrice s’est achevée en fin de soirée dans les différents sanctuaires, répartis aux quatre coins de la Wallonie. Chaque rescapé y a découvert un tout nouvel environnement confortable, sec et propre, bien loin de ce qu’il avait connu jusque là.

Entourés de la bienveillance des soigneurs professionnels et bénévoles, les animaux vont maintenant bénéficier des meilleurs soins. Pour certains, la revalidation prendra du temps.

 

Pédagogie ?

 

Pourtant rodés à la prise en charge des animaux maltraités et confisqués par les autorités, les responsables des refuges se disent toutefois encore plus choqués que d’habitude. Le fait que cet infâme endroit soit considéré comme un projet pédagogique par la direction de l’établissement constitue, de toute évidence, une circonstance aggravante.

L’image renvoyée aux enfants, sur la façon dont des animaux sauvages et domestiques peuvent être traités et détenus est non seulement désastreuse en matière d’éducation, mais également totalement indigne d’une société civilisée et ce, en dehors de toute considération philosophique.

 

Help Animals, Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby et Equi'Chance espèrent que les organes de contrôle compétents pour l’enseignement s’intéresseront de plus près à cet établissement et veilleront à ce que des projets aussi catastrophiques ne puissent plus se mettre en place.

 

En attente d’une décision définitive

 

La police va maintenant transmettre le dossier à Bruxelles environnement, qui est l’administration compétente en matière de bien-être animal pour la région Bruxelles-Capitale. Cette autorité a soixante jours pour statuer sur la destination finale des animaux. Vu la gravité des faits, les refuges sont persuadés que la confiscation sera confirmée et que les animaux leur seront confiés définitivement.

 

Une excellente collaboration

 

Animaux en Péril, Help Animals, Le Rêve d’Aby, Equichance et la LRBPO remercient la police de la zone midi pour leur excellente collaboration. Les policiers qui ont mené l’intervention ont non seulement pris la seule décision qui s’imposait, mais ont également permis aux équipes des refuges de travailler dans de bonnes conditions de sécurité.

 

Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles
Saisie dans une ferme pédagogique à Bruxelles