Un enfer pour 20 animaux à La Louvière

1er mars 2021

 

Ce dimanche 28 février en début de soirée, les associations Animaux en Péril, la S.P.A La Louvière, Equi’chance, Tabula Rasa et Help Animals sont intervenues pour secourir une vingtaine d’animaux d’une situation dramatique.

 

La police a constaté la maltraitance manifeste à la suite d’une alerte lancée par une habitante du quartier.

La découverte d’un véritable charnier a conduit très rapidement les autorités à ordonner la saisie des animaux encore vivants ; deux chevaux, trois poneys, trois moutons, trois chèvres, deux agneaux, une poule, quatre chats et un chien.

 

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Des conditions de vie épouvantables

 

Arrivées sur place, les équipes des cinq refuges associés dans le sauvetage ont été abasourdies en découvrant une scène d’horreur au sein d’un quartier du village de Strépy-Bracquegnies.

De l’extérieur, le constat était déjà édifiant. Deux chevaux et trois poneys erraient dans un terrain maculé d’excréments avec pour seul abri une serre en toile trouée. Sans possibilité de s’abreuver ni de se nourrir autrement qu’avec du fourrage moisi, ces animaux dépérissaient littéralement. Alors que quatre chats déambulaient dans cette parcelle parsemée d’immondices, l’unique chien présent sur place était lui détenu dans une cage en bois.

 

Des cadavres sur place

 

Un peu plus loin, un abri de fortune construit avec quelques palettes clouées entre elles « abrite » les chèvres, les moutons et leurs agneaux. Sans possibilité de sortir, les ovins et caprins sont prisonniers de cette geôle en piteux état.

L’horreur atteint son paroxysme quand les soigneurs professionnels des refuges découvrent que ces derniers piétinent plusieurs cadavres de leurs propres congénères. Quelques-unes de ces dépouilles sont récentes, mais d’autres sont dans un état de décomposition avancé. Enfin, en soulevant des palettes, un membre de l’équipe révèle le cadavre d’un cochon. Bien évidemment, une odeur pestilentielle émanait de ce cloître à cause de la décomposition des cadavres et des restes d’animaux éparpillés sur place. Une tête de cochon coupée laisse à penser que le propriétaire procédait à des abattages illégaux au sein de sa propriété.

Pour terminer, les forces vives présentes sur place retrouvent une poule encore vivante, seule rescapée de ce qui restait d’un poulailler.

 

Des rescapés en très mauvais état

 

L’état sanitaire global est alarmant pour les animaux pris en charge par les différents sanctuaires présents lors de l’intervention. Les victimes souffrent d’une infestation importante de parasites.

La robe (toison) des équidés est ravagée par la vermine (gale) au point qu’un cheval souffre d’une grave dépilation. Pour l’autre cheval, son pelage n’est plus qu’une immense croûte de boue séchée. Ces chevaux, ainsi que les ovins sont également rongés par la vermine interne, ce qui occasionne des diarrhées sévères. La toison des moutons est également touchée par les parasites et se trouve dans un état abominable. À cause des fortes diarrhées dont ils sont sujets, leurs queues ne sont que des amas de déjections. Les ovins sont dans un état de cachexie, forme grave de maigreur qui entraîne la fonte des graisses, mais également la fonte des muscles.

Les moutons ont dû être portés par les soigneurs et bénévoles pour rejoindre les vans tant ils ne pouvaient pas marcher sans douleur. Les onglons des ovins adultes n’ont jamais été entretenus, leur longueur est impressionnante. De plus, leurs pieds sont attaqués par la maladie de piétin qui se traduit par un décollement des onglons, des saignements et des boiteries importantes.

Arrivés au refuge affamés et complètement déshydratés, les survivants de cet enfer se sont rués vers les abreuvoirs et la nourriture mise à leur disposition.

Maigres et épuisés après cette épreuve traumatisante, ils seront examinés par les vétérinaires dès le lendemain matin.

 

Une collaboration entre refuges et autorités locales salvatrice

 

La coalition entre les refuges Animaux en Péril, La S.P.A La Louvière, Tabula Rasa, Equi’chance et Help Animals, a contribué une fois de plus à une belle opération salvatrice pour ces vingt martyrs. Les animaux commencent le long parcours de la revalidation sous surveillance accrue des soigneurs professionnels et bénévoles qui ont déjà commencé à leur administrer les meilleurs soins.

Aujourd’hui sauvés de ce terrible endroit, ils doivent en priorité se reposer et reprendre des forces.

L’ensemble des refuges s’associe pour remercier le Bourgmestre Jacques Gobert pour sa décision immédiate d’effectuer la saisie des animaux. Les associations remercient également, pour leur efficacité et leur rapidité d’intervention, les services de l’Unité Verte de la Zone de Police de La Louvière.

 

Un propriétaire cynique vis-à-vis du bien-être animal

 

De ses propres aveux, le sinistre individu n’en est pas à son coup d’essai. Il partage, sans honte, ses nombreuses négligences qui ont conduit à la mort d’autres animaux.

Le personnage se vante, entre autres, d’avoir causé le décès de deux bovins et d’un cheval, morts noyés en tentant désespérément de s’abreuver dans la rivière attenante au terrain.

Cette confession est la traduction d’un mépris éhonté pour la vie animale et qui révèle le défaut d’empathie invraisemblable de l’homme.

 

Négligence coupable du vétérinaire ?

 

Le vétérinaire du propriétaire était également présent sur les lieux lors de l’intervention. Les déclarations de ce dernier ont beaucoup choqué les intervenants. Il n’a pas hésité à déclarer que la saisie lui paraissait abusive et que pour lui, le décès des animaux était dû à un simple changement d’alimentation.

Le collectif composé d’Animaux en Péril, de la S.P.A La Louvière, de Help Animals, de Tabula Rasa, et d’Equi’chance n’a pas d’autres choix que de déposer une plainte à l’ordre des vétérinaires à l’encontre de ce praticien, qui a de toute évidence failli à sa fonction.

 

Condamnation et destination finale

 

En ce qui concerne la destination finale des animaux, la décision revient au Bourgmestre de La Louvière qui a deux mois pour confirmer que les animaux seront confiés aux refuges qui les ont pris en charge.

 

La police a dressé un procès-verbal pour infraction au Code wallon du Bien-être animal en raison d’actes de maltraitance manifestes. Le propriétaire pourra être poursuivi au pénal ou administrativement. Si le Parquet décide de prendre la main dans cette affaire, il pourra renvoyer le propriétaire devant le tribunal correctionnel. Celui-ci risque de 8 jours à 3 ans de prison et/ou une amende pouvant s’élever à 1 million d’euros. Si le Parquet ne poursuit pas, la main reviendra alors au fonctionnaire sanctionnateur qui pourra infliger une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 euros, mais également un retrait de permis de détention d’animaux.

 

Saisie d'équidés et moutons à La Louvière
Saisie d'équidés et moutons à La Louvière
Saisie d'équidés et moutons à La Louvière
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Saisie d'équidés et moutons à La Louvière
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