6 bovins maltraités saisis à Heusy (Verviers)

10 décembre 2021

 

Pour la troisième fois cette semaine, l’association Animaux en Péril et ses collègues ont été sollicitées pour prendre en charge des animaux maltraités. Lundi 6 décembre, plus de quarante animaux ont été secourus à Mouscron. Mercredi, quatre moutons ont été saisis à Baudour, par l’Unité du Bien-Être Animal de la Région Wallonne et ce jeudi c’est également le cas pour six bovins dans l’entité de Verviers.

 

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Ce jeudi 9 décembre, les inspecteurs vétérinaires de l’UBEA ont sollicité les ASBL Animaux en Péril, le Rêve d’Aby et Au Bonheur Animal afin de prendre en charge des bovins gravement maltraités au sein d’une exploitation agricole de Heusy (Verviers).

 

Un lieu de détention chaotique

 

Dès l’arrivée sur les lieux, le ton est donné : les équipes des refuges découvrent une ferme aux allures de dépotoir. Accueillis par les inspecteurs de l’UBEA et les agents de police à l’extérieur de la propriété, les membres des associations ont peine à imaginer que des bovins soient détenus sur place tant les bâtiments sont vétustes.

Aux abords de cette ferme, de nombreux détritus et matériels agricoles s’accumulent dans la boue. Les intervenants du jour ont dû construire une passerelle, faite de palettes trouvées sur les lieux, pour faire passer les bovins hors de l’exploitation et les conduire jusqu’aux vans des refuges.

 

Des bovins attachés dans l’obscurité

 

En apercevant le lieu de vie des bovins, les équipes sont atterrées : il s’agit d’une annexe presque totalement fermée où règne une odeur pestilentielle. Les animaux ne bénéficient d’aucune lumière naturelle et sont solidement attachés au mur du bâtiment. Ils piétinent avec difficulté une litière misérable, où les déjections s’accumulent depuis déjà un certain temps.

Privés du minimum vital, les vaches et taureaux ne reçoivent pas de nourriture en suffisance et n’ont plus une seule goutte d’eau à disposition.

 

Un embarquement dangereux

 

Bien que les associations aient placé leurs véhicules à la sortie de l’exploitation, l’embarquement des bovins s’est révélé difficile. Les animaux, sortis un à un du lieu d’emprisonnement obscur, ont été surpris par la lumière du jour. Éblouis, les bovins manifestaient des signes de panique et d’excitation. L’équipe d’intervention devait être très prudente en guidant chaque animal jusqu’aux vans des ASBL.

 

Malheureusement, l’état de faiblesse extrême de certains veaux a entraîné plusieurs chutes. Affaiblis et ankylosés par une station statique permanente, ils tombaient sur les genoux après chaque pas, alors que quelques mètres les séparaient des véhicules venus les prendre en charge.

 

Le propriétaire des animaux se présentera lors du chargement, pour observer avec froideur ses animaux rassembler leurs dernières forces afin d’être libérés de ce cauchemar.

 

Un état sanitaire catastrophique

 

Dès les premiers animaux embarqués, le constat des sauveteurs du jour est alarmant : les bovins sont faibles et terriblement amaigris.

 

Le rapport du vétérinaire, réalisé dès le lendemain, est accablant : les animaux sont maigres au point d’être cachectiques. Le pelage d’hiver a dissimulé leur silhouette squelettique, les scores corporels des bovins ne dépassent pas les 1,5/5. Les bovins souffrent d’un déficit de croissance extrême et de carences alimentaires. Ils ont la taille de veaux de six mois alors qu’ils ont en réalité deux ans.

 

L’absence de soins a causé une grave infestation de parasites internes, qui doit être traitée en urgence. Le manque d’eau dans le lieu de détention a entraîné une sérieuse déshydratation, menaçant la vie des animaux.

 

Une longue revalidation attend ces rescapés. Ils seront rapidement déparasités et vermifugés. Bien arrivés dans les différents refuges, les animaux vont pouvoir enfin être alimentés en fonction de leurs besoins.

 

Solidarité entre refuges

 

L’ensemble des animaux a rejoint les refuges d’Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby et Au Bonheur Animal. Ils découvrent pour la première fois des étables confortables, paillées et garnies de foin.

Tous les bovins sont pour le moment placés en quarantaine, dans les installations des différentes ASBL, en attendant d’être entièrement débarrassés de leurs parasites. Ils se rétabliront petit à petit afin de pouvoir enfin sortir au printemps à l’air libre.

 

La prise en charge de grands animaux, comme les vaches et taureaux, s’avère réellement problématique pour les associations qui affichent des installations quasi complètes. Une coalition sans faille entre refuges est primordiale pour secourir ces animaux.

 

Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby et Au Bonheur Animal tiennent à remercier les agents de l’UBEA et les policiers présents sur place pour leur collaboration et leur aide pour l’embarquement des animaux.

 

Condamnation et destination finale

 

En ce qui concerne la destination finale des animaux, la décision revient à la ministre Céline Tellier qui a deux mois pour confirmer que les animaux seront confiés aux associations qui les ont pris en charge.

 

L’UBEA a dressé un procès-verbal pour infraction au Code Wallon du Bien-être animal. Le propriétaire pourra être poursuivi au pénal ou administrativement. Si le Parquet décide de prendre la main dans cette affaire, il pourra renvoyer le propriétaire devant le tribunal correctionnel. Celui-ci risque de 8 jours à 3 ans de prison et/ou une amende pouvant s’élever à 1 million d’euros. Si le Parquet ne poursuit pas, la main reviendra alors au fonctionnaire sanctionnateur qui pourra infliger une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 euros, mais également un retrait de permis de détention d’animaux.

 

6 bovins maltraités saisis à Heusy
6 bovins maltraités saisis à Heusy
6 bovins maltraités saisis à Heusy
6 bovins maltraités saisis à Heusy
6 bovins maltraités saisis à Heusy
6 bovins maltraités saisis à Heusy
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