8 moutons à l’agonie sauvés à Quévy

18 mai 2022

 

Ce lundi 16 mai, Animaux en Péril et Le Rêve d'Aby ont été sollicitées par la zone de police de Mons-Quévy afin de prendre en charge huit moutons en détresse sur un terrain situé dans le village de Bougnies (Quévy). Les animaux n’étaient pas tondus et n’avaient aucun accès à l’eau. Ils dépérissaient aux côtés du cadavre de leur congénère, victime de ces conditions dramatiques.

 

Laissés à l’abandon sur une prairie

 

Une fois sur place, les équipes d’Animaux en Péril et du Rêve d’Aby découvrent une prairie très vaste et un abri en bon état mais très vite un constat dramatique frappe les intervenants : les moutons n’ont aucun moyen de s’abreuver et portent une toison très imposante. Cette dangereuse combinaison a coûté la vie à un bélier, que les équipes retrouvent gisant dans l’abri.

 

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La cabane des ovins est uniquement équipée d’un système de récupération d’eau de pluie qui n’est plus alimenté depuis quelques semaines faute de précipitations dans la région. L’enquête des autorités établira que la propriétaire des animaux ne s’est pas rendue dans la prairie depuis plus de deux mois.

 

Une intervention difficile

 

Les soigneurs professionnels et les bénévoles des refuges établissent une stratégie pour la prise en charge des moutons : un couloir de barrières est mis en place pour guider les animaux jusqu’au véhicule.

 

La tâche s’est rapidement compliquée, car les animaux ne sont pas habitués à être approchés par l’Homme. Ils sont effrayés et fuient systématiquement à la moindre tentative d’approche malgré leur état de faiblesse manifeste. Avec l’aide des agents de police, les membres des ASBL réussissent à encercler les ovins et à les guider dans l’enclos provisoire.

 

Des moutons à bout de force

 

Entre les mains des intervenants, les moutons font preuve d’une passivité étonnante. Les deux brebis, quatre béliers et deux agneaux sont en réalité totalement épuisés et déshydratés. Ces derniers jours, la température avoisinait les 25°C. Sans aucune source d’eau et sous leur épaisse toison, ce groupe de moutons n’aurait pas survécu quelques jours de plus.

 

Les ovins n’ont visiblement pas été tondus depuis au minimum trois ans et portent sur leur corps des kilos de laine. La tonte, préconisée une fois par an, permet aux moutons d’être libérés de la laine qui pousse en continu. Au-dessus de 20°C, ces animaux souffrent de la chaleur et sont en état d’hyperthermie; une situation mortelle.

De plus, la propriétaire n'avait aucun contrôle sur la reproduction des ovins car les béliers n'étaient pas castrés, ce qui épuise également les deux brebis présentes sur le terrain.

 

Une prise en charge salutaire

 

Le groupe de moutons a rejoint les refuges d’Animaux en Péril, du Rêve d’Aby et de l’ASBL Equi’Chance qui a également prêté main-forte pour accueillir ces animaux.

Placés en quarantaine, les moutons ont rapidement été auscultés par les vétérinaires qui établissent un constat inquiétant. Le groupe d’ovins est dans un état de déshydratation extrême, ce qui explique leur grande faiblesse. Quant aux toisons, elles sont attaquées par des formes sévères de parasites et constituent un lourd manteau encombrant pour les animaux.

Les équipes des associations n’ont pas tardé à entamer un protocole de soins précis dont la première étape, véritablement libératoire, a été la tonte des toisons infestées. Près de 40kg de laine pour les 6 adultes sera prélevé sur les animaux.

 

Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby et Equi’Chance remercient Madame la Bourgmestre de Quévy pour sa décision de saisir sans délai les moutons survivants. Les ASBL saluent également l’efficacité des agents de police présents sur place.

 

Condamnation et destination finale

 

En ce qui concerne la destination finale des animaux, l’autorité a maintenant deux mois pour confirmer que les animaux seront confiés aux refuges qui les ont pris en charge, Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby et Equi’Chance.

 

Un procès-verbal a été dressé pour infraction au Code wallon du Bien-être animal. La propriétaire pourra être poursuivie au pénal ou administrativement. Si le Parquet décide de prendre la main dans cette affaire, il pourra renvoyer la propriétaire devant le tribunal correctionnel. Celle-ci risque de 8 jours à 3 ans de prison et/ou une amende pouvant s’élever à 1 million d’euros. Si le Parquet ne poursuit pas, la main reviendra alors au fonctionnaire sanctionnateur qui pourra infliger une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 euros, mais également un retrait de permis de détention d’animaux.

 

8 moutons à l’agonie sauvés à Quévy
8 moutons à l’agonie sauvés à Quévy
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