Troisième saisie pour maltraitance animale chez le même propriétaire à Ciney !

23 janvier 2026

Ce vendredi 23 janvier, en fin d’après-midi, plusieurs refuges convergent vers Ciney à la demande des autorités et de l’Unité du Bien-Être Animal (UBEA) de la Région wallonne. Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby, Help Animals, Au Bonheur Animal, Veeweyde Refuge du Marais et Equi’chance sont mobilisés à la suite d’un contrôle de l’AFSCA, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, déclenché en raison de déplacements anormaux d’animaux. Face à une situation dramatique, l’UBEA est appelée en renfort et ordonne la saisie des animaux. Pour la troisième fois à cette même adresse, le constat est accablant : plus de 150 animaux de basse-cour (poules, coqs, canards et oies) ainsi qu’une cinquantaine de moutons vivent dans des conditions lamentables.
😠 Des conditions de détention indignes et une souffrance omniprésente 😠
Sur ce terrain désormais bien connu des ASBL, des clapiers et des cages insalubres s’alignent, envahis de déjections, sans eau ni nourriture. Les volailles y sont parfois entassées par dizaines. Un jars est retrouvé enfermé dans un état pitoyable, incapable de se mettre debout, affaibli à l’extrême.
Si certains animaux ont la possibilité de vagabonder sur le terrain, celui-ci est totalement dépourvu d’herbe et donc de toute source d’alimentation.
‼ Pour les moutons, la situation est encore plus dramatique. Ils vivent entassés dans un minuscule hangar. Certains sont enfermés dans une ancienne remorque, où même un homme ne pourrait se tenir debout tant le sol est recouvert d’une épaisse couche de fumier. Les ovins y vivent plongés dans l’obscurité. À l’ouverture de cette dernière, les moutons sont éblouis, paniqués, et il faut du temps pour les calmer avant d’envisager leur chargement.
🩺 Un état sanitaire catastrophique nécessitant des soins urgents 🩺
L’état sanitaire des animaux est catastrophique. Les oiseaux souffrent de diarrhées sévères, sont maigres et déshydratés. Plusieurs moutons sont retrouvés dans un état extrêmement préoccupant, certains à l’agonie. Une dizaine d’animaux est envoyée directement en clinique vétérinaire pour y recevoir des soins urgents.
👉 Ils souffrent notamment d’anémie, de diarrhées sévères et de gale. La gale est une maladie parasitaire qui se nourrit des protéines de l’animal. En épuisant l’organisme, elle provoque de violentes démangeaisons, des lésions cutanées profondes et une perte massive de laine, pouvant conduire à la mort sans prise en charge rapide. Chez certains moutons, la gale décolle littéralement la laine de la peau, causant une grande souffrance. Plusieurs ont la queue emprisonnée dans leurs propres excréments. Les onglons, pourtant chez des animaux encore très jeunes, sont anormalement longs et rendent chaque déplacement douloureux.
Sur place, un sac de laine est retrouvé. À l’intérieur, des cadavres.
😫Une convalescence longue et un avenir incertain 😣
La convalescence s’annonce longue et difficile. Pour les animaux hospitalisés, les équipes attendent des nouvelles, mais leur état est critique et leur pronostic vital est engagé.
💪 Dans les différents refuges, les autres animaux sont enfin installés sur un confortable lit de paille. Les canards et les oies découvrent, pour la première fois depuis longtemps, le plaisir d’une bassine d’eau. Les poules se ruent sur leur alimentation tant elles étaient affamées.
Les soigneurs sont pleinement mobilisés pour leur apporter les soins de première nécessité, l’attention et la dignité qui leur ont cruellement manqué. Une nouvelle fois, les refuges sont au rendez-vous pour tenter de réparer l’irréparable et offrir une chance à ces animaux victimes de maltraitance répétée.
⚖ Condamnation et destination finale ⚖
En ce qui concerne la destination finale des animaux, la décision revient au ministre chargé du Bien-Être Animal, Adrien Dolimont, qui dispose d’un délai de deux mois pour confirmer, au vu de l’extrême gravité des faits et du caractère récidivant du dossier, que les animaux seront définitivement confiés aux associations qui les ont pris en charge. Il s’agit en effet de la troisième saisie réalisée chez ce même propriétaire.
L’Unité du Bien-Être Animal a dressé un procès-verbal pour infraction au Code wallon du Bien-être animal. Le propriétaire pourra être poursuivi au pénal ou administrativement. Si le Parquet décide de se saisir du dossier, il pourra renvoyer le propriétaire devant le tribunal correctionnel, où il encourt une peine de 8 jours à 3 ans de prison et/ou une amende pouvant atteindre 1 million d’euros.Si le Parquet ne poursuit pas, la procédure reviendra alors au fonctionnaire sanctionnateur, qui pourra infliger une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 euros, mais également prononcer un retrait du permis de détention d’animaux.
Ces faits mettent une nouvelle fois en lumière la lenteur des procédures. En pratique, il faut souvent près de deux années pour qu’un dossier arrive à son terme. Ce délai explique malheureusement pourquoi les autorités et les refuges sont régulièrement contraints de retourner chez des propriétaires récidivistes, les sanctions définitives n’intervenant que longtemps après les premières saisies.