15 octobre 2026
Ce lundi 12 octobre 2026, une opération de saisie d'une ampleur exceptionnelle s’est déroulée à Chièvres, dans la province de Hainaut. Alertés par la zone de police locale, treize refuges, dont Animaux en Péril, Equi'Chance, Natur'Horse, Opale, Help Animals, GRIFF, L'étoile de bonté, L’arche de Noé, la SPA de Peruwelz, 4 Balzanes, la SPA de Charleroi et Veeweyde refuge du marais ainsi que le Veeweyde de Tournai se sont mobilisés pour prendre en charge plus de 70 chihuahuas, plus de 200 animaux de basse-cour et quatre jeunes boucs, détenus dans des conditions de surpopulation et d'insalubrité particulièrement préoccupantes. Plusieurs heures d'intervention, jusque dans l'obscurité, ont été nécessaires pour évacuer l'ensemble des animaux.
À l'origine de cette situation, une détentrice qui a progressivement multiplié les acquisitions et laissé les reproductions se succéder, notamment dans le cadre d'une activité de vente à des particuliers. Au fil du temps, le nombre d'animaux présents sur la propriété atteint des proportions démesurées, jusqu'à rendre toute gestion individuelle et toute prise en charge convenable manifestement impossibles.
À l'intérieur de l'habitation, plus de 70 chihuahuas se partagent un espace saturé d'objets, de cages et de détritus accumulés. De nombreuses portées de chiots, dont certains encore extrêmement jeunes, sont également découvertes. L'insalubrité des lieux est telle qu'une odeur particulièrement âcre se fait déjà sentir depuis la rue, avant même que les intervenants ne pénètrent dans la maison.
À l'extérieur, environ 200 animaux de basse-cour se partagent un terrain entièrement dénudé, où la végétation a disparu sous la pression d'une population beaucoup trop importante pour la superficie disponible.
Plus de 60 poules, 50 canards, une quinzaine d'oies, des dindes, des dindons, des pintades et neuf paons évoluent dans un véritable capharnaüm, aux côtés de quatre jeunes boucs. Parmi eux figurent de nombreuses races d'ornement, notamment des poules de soie et des canards de races particulières, dont la présence semble correspondre à une activité d'élevage destinée à la vente.
Les installations destinées aux oiseaux témoignent d'un état de délabrement et d'insalubrité particulièrement préoccupant. En guise d'abris, ils ne disposent que de constructions précaires, assemblées avec de vieilles planches et des matériaux de récupération, au milieu d'un amoncellement de cages abandonnées, d'objets encombrants et de débris potentiellement dangereux. Les fientes et les déjections souillent les espaces de vie, dans un environnement où l'accumulation des saletés révèle une absence manifeste d’entretien.
Le contraste avec les parcelles voisines est saisissant : derrière les grillages, des pâtures et des jardins verdoyants entourent cette propriété où plus un brin d'herbe ne subsiste. Sur place, les oiseaux évoluent sur une terre boueuse et piétinée, privés de l'accès à la végétation pourtant présente à quelques mètres seulement.
Au-delà de l'insalubrité, cette surpopulation a des conséquences directement visibles sur l'état des animaux. Plusieurs animaux présentent des lésions de gale au niveau des pattes, une affection parasitaire qui nécessite une prise en charge adaptée. De nombreuses blessures aux ailes et plaies de picage sont également observées, des problèmes fréquemment favorisés par la promiscuité, le stress et l'impossibilité de s'éloigner les uns des autres.
Certains présentent par ailleurs un état d'amaigrissement préoccupant. Dans un groupe aussi dense, les plus faibles peuvent difficilement accéder à une alimentation suffisante lorsque les ressources et les espaces de nourrissage ne sont pas adaptés aux effectifs.
Face à l'ampleur de la situation, les refuges mobilisés doivent réunir rapidement les moyens humains et matériels nécessaires à l'évacuation de tous les animaux. Véhicules de transport, cages et filets sont déployés pour capturer et déplacer les nombreux oiseaux dispersés sur la propriété.
Le dénombrement se révèle particulièrement complexe. Entre les abris de fortune, les objets accumulés et les multiples cachettes, il est difficile d'évaluer précisément le nombre d'animaux présents. Ainsi, alors qu'une quinzaine de canards sont initialement annoncés, leur nombre se révèle bien supérieur au fil des captures, avec plus d'une cinquantaine de canards découverts.
Les opérations se poursuivent à la tombée de la nuit, puis dans l'obscurité, les équipes multipliant les allers-retours pour procéder au chargement et organiser la répartition entre les différents refuges. Malgré les difficultés logistiques et l'ampleur de l'évacuation, aucun animal n'est laissé sur place.
Chez Animaux en Péril, les derniers rescapés arrivent à 21 h 30. Ils sont immédiatement installés dans des boxes garnis de paille propre, avec de l'eau à disposition, afin de pouvoir se reposer après cette longue intervention.
Pour les refuges, l'évacuation ne constitue que la première étape d'un travail qui s'annonce considérable. Chaque animal recueilli doit faire l'objet d'une évaluation vétérinaire et recevoir les soins adaptés à son état, notamment pour traiter les affections parasitaires, les blessures et les éventuelles conséquences de carences alimentaires.
Après avoir vécu au sein de groupes démesurés, où leurs besoins individuels étaient relégués derrière la gestion d'une population devenue incontrôlable, ils peuvent désormais bénéficier d'une attention individualisée.
Leur rétablissement commence aujourd'hui dans les différents refuges d'accueil, qui doivent tous adapter leurs installations et pousser les murs pour faire face à cet afflux exceptionnel.
Une intervention de cette envergure ne peut être menée à bien sans une étroite collaboration entre les associations de protection animale. Les refuges spécialisés dans l'accueil des chiens et ceux prenant en charge les animaux de ferme et de basse-cour travaillent main dans la main, en mutualisant leurs moyens humains, leurs véhicules et leurs capacités d’hébergement.
Certains assurent notamment des transports pour d'autres structures, permettant ainsi de répartir efficacement les animaux et de garantir leur évacuation complète malgré les contraintes rencontrées sur le terrain.
Cette mobilisation collective mérite d'être saluée. La collaboration entre Animaux en Péril, Equi'Chance, Natur'Horse, Opale, Help Animals, GRIFF, L'étoile de bonté, L’arche de Noé, la SPA de Peruwelz, 4 Balzanes, la SPA de Charleroi et Veeweyde refuge du marais et Veeweyde de Tournai, témoigne de la solidarité et de la complémentarité des associations de protection animale face à une situation qui dépasse largement les capacités d'accueil d'une seule structure.
Nos remerciements s'adressent également à la zone de police de Chièvres, dont l'intervention permet de mettre un terme à des conditions de détention qui ne peuvent plus durer et d'offrir à tous ces animaux la perspective d'une vie enfin respectueuse de leurs besoins fondamentaux.